| adressée à Monsieur le Ministre de l’Equipement, des Transports, du Logement, du Tourisme et de la Mer, |
| Hôtel de Roquelaure 246. boulevard Saint-Germain |
| 75007 PARIS |
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Courrier suivi PARIS le 11 novembre 2003 Monsieur, Je viens de regarder, scandalisé mais pas surpris, le reportage télévisé montrant le véhicule dans lequel vous vous trouvez pris en flagrant délit d’excès de vitesse (98 pour 70). La Direction de la chaîne, assumant ses responsabilités, a décidé de passer ces images à la télévision, en pleine connaissance de cause, avec toutes les conséquences que cela peut avoir. Le citoyen honorable que je suis, doté d’un sens civique qui semble vous échapper, vous rappelle, alliés à une attitude manifestement agacée, les termes plus que discourtois que vous avez osé proférer à mon encontre le mardi 4 mars 2003, dans le cadre de l’émission vie publique vie privée : ’’Qu’il (moi) fasse attention à sa propre conduite, parce qu’à force de regarder la conduite des autres, un jour il peut éventuellement aussi commettre une faute, je ne lui souhaite pas bien entendu, mais qu’il s’occupe de sa propre conduite et qu’il ne se prenne pas pour un justicier de la route, parce que s’il n’y a que des justiciers sur la route, moi, je crains le pire’’. Je constate que, moins d’un an après que vous m’ayez prodigué vos « conseils », malgré les très récents dramatiques et douloureux évènements que vous ne pouvez ignorer, malgré votre présence, télévisée, à l’inauguration du premier radar automatique réagissant aux excès de vitesse (vous rendez-vous compte de la stupidité de la situation dans laquelle vous vous trouvez dorénavant ?), vous vous autorisez le plus qu’interdit aujourd’hui en France. Vous, le ministre des transports, le virulent et menaçant donneur de leçon, vous croyant au dessus de la Loi, êtes pris en excès de vitesse, le jour même de l’inauguration du premier radar automatisé sensé tempérer le comportement routier des « voyous de l’asphalte », des assassins potentiels. Moi, Monsieur, je continue de faire très attention à ma propre conduite, à scrupuleusement respecter le code de la route, et à dénoncer les comportements les plus contraires à la sécurité routière. Certaines de mes idées, modifiées par la circonstance (il est toujours aussi malaisé, en France, de faire valoir qu’un simple citoyen puisse avoir l’idée que le politique n’a pas eue, ou n’a pas eu la courage de mettre en place) sont indirectement appliquées. Je respecte le Code à la lettre, comme on me l’a appris, même si cela « perturbe » parfois les autres conducteurs qui me suivent, peu habitués (mais qui commencent à s’y faire – mon excellent et pédagogique exemple faisant tache), et comme ma prise de conscience m’a fait prendre conscience, me donnant la mesure de l’immense imbécillité de ma conduite d’autrefois. Etre en retard ne constitue pas une excuse pour ne pas respecter la vitesse préconisée, mais est plutôt la reconnaissance d’une mauvaise gestion du temps, une sorte d’incompétence en somme. Tous les jours, des tueurs potentiels qui s’ignorent comme tels sont en retard. Tous les jours, certains d’entre eux deviennent réellement des assassins (qualification de plus en plus souvent employée par Monsieur SARKOZY), bouleversant irrémédiablement la vie d’innocents et leurs familles. Vous, le ministre des transports, en donnant le plus mauvais des exemples qui soit, avez insulté l’immense ensemble des usagers routiers, respectueux eux, en bafouant le code de la route – si vous étiez conducteur – ou en ne faisant pas respecter le code de la route – si vous étiez passager. L’un comme l’autre : intolérable, inacceptable. Il est évident que vous n’avez pas perçu l’ampleur de l’impact extrêmement négatif que cela va avoir sur l’attitude d’une certaine catégorie d’irascibles. Alors, avant de donner des leçons…. Votre comportement routier est une insulte pour la démocratie. Vous avez désobéi au Président de la République, qui avait pourtant conseillé plus de retenue dans les déplacements ministériels. Mon recommandé n° 5040 8946 6FR du 10 mars dernier, accusé réception le 11, courrier dont vous vous êtes bien gardé de répondre et pour cause, vous informait de mon intention de vous faire traduire devant la Cour de Justice de la République. Je ne l’ai pas fait, eu égard non à vous en tant qu’homme, mais à votre fonction, et ce qu’elle représente comme espoir aux yeux d’une immense majorité d’usagers aujourd’hui, pour la survie sur la route. Vous n’êtes pas un bon ministre, Monsieur. « Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais » est indigne de la fonction qui vous a été un jour confiée. Vous avez trahi la confiance de vos supérieurs. Je dénonce officiellement votre comportement routier irresponsable, immature. Pour moi et les membres de mon Association, vous n’avez plus votre place au sein de ce Gouvernement, qui s’échine pourtant courageusement à redresser la France, y compris concernant la sécurité routière, et ce qu’elle coûte aux familles endeuillées et à la collectivité. Je souhaite que Monsieur le Premier Ministre vous tance comme il se doit, et prenne la décision qui s’impose d’elle-même, pour l’exemple. Démissionner avant serait au moins courageusement honnête de votre part. Une quelconque formule de politesse closant la présente serait, en raison des circonstances, hypocrite. Et je ne le suis pas. Serge PETITDEMANGE Président fondateur Par honnêteté intellectuelle, je mets en copie toutes les personnalités citées dans ce courrier, ainsi que l’ensemble des médias, dont certains, reprenant les deux adjectifs ZEN et COURTOIS, semblent reconnaître, à demi-mot aujourd’hui, toute l’importance bénéfique de nos actions. |